Afrik.com — « Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard » : entretien exclusif avec la fille de l’ancien président des Comores, Ahmed Abdallah Sambi
Dans Afrik.com, Me Tislame Sambi dénonce l'« abandon institutionnalisé » de son père, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, dont l'état de santé cardiaque nécessite une évacuation urgente refusée par les autorités comoriennes.
L’état de santé de l’ancien président comorien Ahmed Abdallah Sambi (2006-2011), détenu depuis plus de huit ans et condamné à la perpétuité, s’est gravement détérioré. Souffrant d’une maladie coronarienne sévère nécessitant une intervention d’urgence indisponible sur l’île, sa vie ne tient plus qu’à un fil. Face au refus des autorités de Moroni de consentir à son évacuation sanitaire, sa fille, Me Tislame Sambi, dénonce un « abandon institutionnalisé » et lance un appel à la communauté internationale.
Ahmed Abdallah Sambi, âgé de 68 ans, a été diagnostiqué d'une maladie coronarienne avec des artères bouchées. Bien qu'un collège de cinq médecins mandatés par le Parquet ait recommandé une coronarographie urgente, les autorités s'appuient sur l'avis d'un anesthésiste n'ayant jamais examiné le patient pour bloquer l'évacuation. Sa fille souligne qu'une ordonnance de libération provisoire pour soins à l'étranger, signée en janvier 2020 par un juge d'instruction, n'a jamais été appliquée par le gouvernement.
Sur le plan judiciaire, Me Tislame Sambi qualifie la procédure de « parodie de justice ». Elle affirme que la Cour de sûreté de l’État est une juridiction sans existence légale et incompétente pour juger un ancien président, mission dévolue à la Haute Cour de Justice. Elle pointe également la partialité du président de la cour, l'illégalité des assesseurs et l'absence de recours possible contre la condamnation à perpétuité.
Malgré les condamnations du Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire et de la Commission africaine des droits de l'homme, les autorités comoriennes maintiennent la détention. La famille appelle désormais la France, l'Union européenne, l'Union africaine et la SADC à utiliser leurs leviers diplomatiques pour obtenir une évacuation humanitaire, citant en exemple la récente mobilisation de la Commission des droits de l'homme de l'Assemblée nationale sénégalaise.
Sources et documents
